Qu’as-tu négocié?

 

Un jour, un ami m’a dit : « Dans la vie, nous n’avons pas ce que nous méritons, mais, ce que nous négocions ». Aussi forte que vous semble cette affirmation, je vous invite à en tenir compte, car, j’ai eu à la valider à différentes occasions.

 

En théorie, nul n’est censé être inférieur ou supérieur aux autres; tout le monde a droit au même respect et aux bons traitements de la part des autres. La réalité peut être tout autre, car, la majorité du temps, les gens nous traite la façon dont nous nous traitons et la façon dont nous nous laissons traiter.

 

D’où l’importance de nous assurer d’avoir une bonne relation avec nous-mêmes; je vous invite à lire mes deux derniers articles sur l’estime de soi, intitulés : Le pouvoir  des mots et Qui suis-je.

 

Si tu es inconscient de ta valeur, tu auras continuellement l’impression qu’on te rejette, qu’on te doit quelque chose et qu’on doit te valoriser. Tu chercheras l’approbation des autres, à mériter leur amour et leur attention.

 

Mais, tu seras constamment déçu car, ce sera comme poursuivre des chimères. Il ne relève pas des autres de prendre soin de toi ou de te rappeler ta valeur, il s’agit de ta responsabilité.

 

La bible nous dit : Aime ton prochain comme toi-même. Ce commandement implique une prémisse, celle de t’aimer.

 

Lors d’un vol en avion, en cas de nécessité, on nous de mettre notre masque d’oxygène avant d’aider l’autre.

 

Prendre soin de soi n’est donc pas égoïste, c’est un prérequis pour pouvoir aimer et prendre soin de l’autre, et de mieux le comprendre. On y retrouve aussi un aspect pragmatique car, comment peux-tu bien prendre soin de l’autre si ta santé en pâtit?

 

Quand tu te sens bien, tu es en mesure d’être pleinement présent, de donner le meilleur de toi, ce qui profite aux autres. Donc, souviens-toi, tu es ton premier invité d’honneur! Aimes-toi, protège-toi, honore-toi, soigne-toi et n’accepte que ce qui est bien et digne pour toi-même.

 

Souvent, dans nos relations avec les autres, par amour, par engagement et dévouement, nous nous investissons tellement pour eux que nous avons tendance à nous oublier à tolérer certaines choses et à nous négliger. Puis, nous nous étonnons que ces mêmes personnes nous manquent de respect, et font peu cas de nous. Mais, qu’as-tu négocié?

 

En te négligeant et en acceptant certaines choses, sans te rendre compte, tu leur montres comment te traiter. Nous pouvons débattre de l’obligation de l’autre, de son manque de conscience, de son ingratitude, etc.; la vérité est que nous n’avons aucun contrôle sur l’autre.

 

Par exemple t’est-il déjà arrivé de te surpasser à ton travail, pourtant, on finit par te tenir pour acquis et ne te montrer aucune considération?

 

Bien qu’il soit louable de donner le meilleur de soi-même, ne perds pas de vue ton bien-être. En cas d’incapacité, même dans le cas où on t’apprécie et reconnait ton travail, tu seras remplacé. La vie continuera sans toi; que veux-tu, la nature est ainsi faite.

 

Changeons de perspective, si tu as deux paires de chaussures de même pointure que tu dois partager, une neuve et une usagée, tu as deux personnes devant toi, une visiblement bien soignée, l’autre un peu négligé, quel serait ton premier réflexe?

 

Tu serais peut-être gêné de donner une chaussure usagée à la personne soignée car son apparence t’aurais envoyé un message, je me traite bien, implicitement, tu comprends que tu dois la traiter d’une certaine façon.

 

Alors que l’autre qui pourrait nécessiter une paire de chaussure neuve et mériterait que tu la lui donnes, pourrait se retrouver avec le résidu, c’est-à-dire les chaussures usagées. Ici, il n’est nullement une question de mérite, mais qui a mieux négocié. La négociation peut donc être tacite.

 

En étant conscient des biais qui nous animent en tant qu’être humain, cela nous fait prendre conscience de nous-mêmes et de la perception de ceux qui nous entourent. Cela nous incite également à faire mieux dans nos interactions avec les autres.

 

Un autre exemple flagrant: les hommes reprochent souvent aux femmes de se négliger après le mariage tandis que les femmes se plaignent que les hommes ne courtisent plus après le mariage. Selon mes observations, les deux ont tort et raison en même temps. Pourquoi?

 

Je dis que les hommes ont raison, non en négligeant ou en perdant de l’intérêt pour leurs femmes, mais du fait que nous les femmes, nous avons tendance à manquer à notre obligation de prendre soin de nous-mêmes.

 

Il s’agit d’un constat qu’il vaudrait la peine de nuancer et de contextualiser car, ce que les hommes ont tendance à oublier, si la femme omet de prendre soin d’elle-même, souvent, ce n’est pas par choix, mais par nécessité.

 

S’il y a une chose sur laquelle nous pouvons nous entendre, bien qu’il puisse y avoir certaines exceptions, les hommes et les femmes n’avons pas la même nature. Cette différence permet un équilibre, mais sans communication et sans vision, elle est susceptible de rendre les relations entre nous extrêmement difficiles.

 

En général, les femmes accordent plus d’importance aux détails que les hommes. Par conséquent, ces derniers ont tendance à être plus nonchalant, et les femmes se retrouvent avec beaucoup plus de préoccupations et une charge indue.

 

Elles se donnent sans compter, souvent, sans prendre un moment pour elles-mêmes. Tout le monde bénéficie de ses services, normalise son dévouement et son don de soi sans se rendre compte qu’elle meure à petit feu.

 

L’homme de son côté, bien qu’il puisse admirer le dévouement, il a tendance à comparer sa femme avec celle qu’il a rencontrée et perdre de l’intérêt au fur et à mesure. Ils ne mettent donc pas l’emphase sur les mêmes choses et n’ont pas les mêmes attentes.

 

Aussi difficile qu’il puisse être, il est important de prendre soin de nous-mêmes dans nos foyers, non seulement pour notre bien-être, mais aussi pour établir des standards sur la façon dont nous voulons être traités. Vous me diriez quand et comment?

 

Il faudrait être intentionnel, établir une bonne communication, faire de la sensibilisation de part et d’autre. Il faudrait également faire des choix, déléguer, demander de l’aide. À force de détermination et de créativité, je pense que nous pouvons sortir du statu quo et trouver le chemin, d’une famille à l’autre, chacune à leur façon.

 

Il est important de souligner que notre charge ne résulte pas toujours de la faute ou de l’omission des autres, mais elle peut être due à l’idée que nous sommes indispensables, à notre incapacité à déléguer, à demander et à accepter de l’aide, de notre incapacité à recevoir et à exiger mieux pour nous-mêmes.

 

Elle peut résulter également de la fausse croyance que nous devons nous sacrifier pour le bien-être des autres; du fameux mythe: s’ils sont bien je suis bien. Mais jusqu’à quand, à quel prix?

 

Faire des sacrifices ou des compromis est nécessaire, mais il y a une ligne de démarcation entre faire des sacrifices et cesser d’exister.

 

Dans les exemples précédents, nous pourrions nous questionner sur la rectitude des actions des protagonistes et des antagonistes; mais le point qu’il faut retenir, à tort ou à raison, est que nous jouons un rôle déterminant dans la façon dont les autres nous traitent.

 

Donc, manquer à nos obligations envers nous-mêmes au profit des autres, dans l’attente qu’ils reconnaissent nos sacrifices et qu’ils prennent soin de nous en retour, est une équation difficile à résoudre.

 

Cela peut arriver que la personne pour qui nous nous donnons corps et âme apprécie nos efforts à leur juste valeur, mais la plupart du temps, en plus du mal être de ne pas vivre sa vie pleinement, cela nous laisse dans la frustration, la consternation et la solitude.

 

Le monde peut paraître injuste puisque tout le monde veille à leurs propres intérêts; tu as donc l’obligation morale de veiller aux tiens. Cela ne veut pas dire de faire fi de l’autre, mais d’empêcher l’autre de faire fi de toi, et ce, de façon consciente ou inconsciente. Mettre ces exigences est un signe de respect et d’estime de soi.

 

Indépendamment de ce que le monde et nos sociétés peuvent nous laisser croire, nous sommes tous égaux; et avons chacun quelque chose à apporter. Autant je suis important, autant l’autre l’est, peu importe son âge, son statut, ses attributs, ses échecs et ses réalisations.

 

Nous devons donc nous assurer que nos droits et notre intégrité soient respectés, en posant des bases pour quiconque, qu’il soit parent, partenaire, enfant, ami, collègue, supérieur hiérarchique, afin qu’on nous respecte et nous traite correctement, et ce, en mettant une balise à la fois…


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